Le 18 h 16 min 29 s de Ben Dhiman en 2026 a tout balayé. Pour la première fois, un coureur passe sous les 19 heures sur l’Ultra-Trail du Mont-Blanc. Une performance historique, mais qui n’est pas homologuée comme record officiel. Parce que sur l’UTMB, la notion de « record » est bien plus floue qu’il n’y paraît.
Dans cet article, tu vas :
- Découvrir le chrono le plus rapide jamais couru et pourquoi il ne remplace pas le record officiel.
- Comprendre la différence entre un temps officiel et un temps non validé, avec les éditions concernées.
- Replonger dans les exploits de Kilian Jornet, François d’Haene, Courtney Dauwalter et des autres légendes.
- Apprendre pourquoi les temps baissent (parcours, matos, entraînement).
- Savoir combien de temps il faut vraiment pour finir un UTMB, au-delà des podiums.
Le record actuel de l’UTMB : Ben Dhiman et le choc du 18 h 16 en 2026
L’édition 2026 a marqué un tournant. L’Américain Ben Dhiman, 2e en 2025, a survolé la course pour boucler les 171 km en 18 h 16 min 29 s. Un temps qui efface des tablettes le précédent meilleur chrono de Tom Evans (19 h 19 en 2025). Pour la première fois, la barre symbolique des 19 heures est tombée.
Le chrono historique de l’Américain et le premier passage sous les 19 heures
Ben Dhiman n’avait encore jamais gagné de Majeur. Sa deuxième place en 2025, en 19 h 52, laissait entrevoir un gros potentiel. Mais personne n’imaginait un tel bond. Avec 18 h 16, il repousse la marque de référence d’une heure pleine. Le tout avec un départ décalé de deux heures pour éviter les orages et des conditions météo idéales. La suppression des pyramides calcaires, pour raisons de sécurité, a aussi allégé le parcours d’environ 25 minutes. Ce chrono reste le plus rapide jamais couru sur l’UTMB, même s’il n’est pas considéré comme le record officiel (on y reviendra).
Baptiste Chassagne et le top 10 masculin intégralement sous les 20 heures
Derrière Dhiman, le Français Baptiste Chassagne a lui aussi signé une performance exceptionnelle : 18 h 47 min 38 s. Selon plusieurs observateurs, il s’agit probablement du deuxième meilleur temps de l’histoire, si l’on tient compte des conditions de parcours. Pour la première fois, l’intégralité du top 10 masculin est passée sous les 20 heures. Un raz-de-marée qui en dit long sur l’évolution du niveau.
De Tom Evans en 2025 à Ben Dhiman en 2026 : une progression d’une heure
En 2025, Tom Evans avait créé la sensation en 19 h 19, sur un tracé déjà amputé des pyramides calcaires. On pensait ce temps difficile à battre. Ben Dhiman, lui, a fait mieux d’une heure. Une progression qui s’explique autant par sa forme du jour que par l’accumulation de facteurs favorables (météo, parcours, matériel). Mais elle pose une question : quel est le vrai record officiel de l’UTMB ?
Les records officiels et les chronos non homologués : pourquoi comparer les temps est piégeux
L’UTMB n’a jamais eu de parcours figé. Entre les déviations météo, les éboulements et les choix de l’organisation, la distance et le profil changent presque chaque année. Résultat : un chrono brut ne dit pas tout.
Le record officiel de Kilian Jornet sur le tracé complet : 19 h 49, la référence
Sur un parcours complet de 171 km et 10 000 m de dénivelé positif, le record officiel masculin est détenu par Kilian Jornet en 19 h 49 min 30 s, établi en 2022. Ce jour-là, l’Espagnol a livré un duel d’anthologie avec Mathieu Blanchard, pour finalement s’imposer et devenir le premier à passer sous les 20 heures sur le tracé historique. C’est le chrono de référence, celui qui sert d’étalon quand on parle de « record de l’UTMB ».
François d’Haene et Jim Walmsley : les meilleurs temps non validés, et pourquoi
Deux autres coureurs ont couru plus vite que Jornet, mais sans que leur temps soit homologué. François d’Haene a bouclé l’édition 2017 en 19 h 01 min 54 s, sur un parcours raccourci à 167 km (la descente de la Tête aux Vents était coupée). Jim Walmsley, en 2023, a signé 19 h 37 min 43 s, mais le final avait été modifié pour éviter un passage dangereux. Dans les deux cas, le tracé n’était pas le parcours complet officiel. Leurs chronos restent des performances majuscules, mais ne peuvent pas être comparés directement à celui de Jornet.
Les éditions raccourcies et les modifications de parcours depuis 2010
Pour t’y retrouver, voici les principales éditions dont le parcours a été modifié :
- 2010 : seulement 100 km (météo exécrable).
- 2011 : parcours raccourci à environ 130 km.
- 2012 : 110 km environ.
- 2017 : 167 km (final modifié).
- 2023 : final modifié (pas de Tête aux Vents).
- 2025 et 2026 : suppression des pyramides calcaires.
À chaque fois, les temps sont incomparables avec un UTMB « classique ». D’où l’intérêt de toujours regarder le contexte avant de crier au record.
Kilian Jornet : le record officiel et l’héritage d’un quadruple vainqueur
Kilian Jornet, c’est le visage de l’UTMB moderne. Quadruple vainqueur (2008, 2009, 2011, 2022), il détient le record officiel et reste le plus jeune lauréat de l’histoire.
Le 19 h 49 de 2022 : le contexte du duel avec Mathieu Blanchard
En 2022, Jornet et Blanchard ont fait la course ensemble pendant près de 150 km. L’Espagnol a fini par lâcher le Français dans la dernière montée pour s’imposer en 19 h 49 min 30 s. C’est la première fois qu’un homme passe sous les 20 heures sur le tracé complet. Un moment entré dans la légende.
Quelle allure pour ce record ? Le calcul à partir des données de la course
Sur 171 km et 10 000 m de D+, l’allure moyenne de Jornet était d’environ 6 min 57 s/km (soit 8,62 km/h). Pour un ultra de cette difficulté, c’est tout simplement hallucinant. À titre de comparaison, un traileur amateur qui vise les 40 heures court à près de 14 min/km. L’écart est abyssal.
Les quatre victoires de l’Espagnol et ses places dans la légende
Jornet a gagné à 20 ans en 2008, puis en 2009, 2011 et 2022. Avec quatre titres, il égale François d’Haene et reste le seul à avoir triomphé à deux décennies d’intervalle. Sa longévité et sa capacité à réinventer sa préparation en font un modèle pour toute une génération.
Les records féminins : de Lizzy Hawker à Katie Schide et au premier chrono sous les 22 heures
Chez les femmes aussi, les chronos ont explosé. Le record officiel est aujourd’hui détenu par Katie Schide, mais l’histoire féminine de l’UTMB est riche en performances de légende.
Katie Schide et le record officiel féminin : 22 h 09 en 2024
L’Américaine Katie Schide a établi le record officiel féminin en 22 h 09 min 31 s en 2024, sur le parcours complet. Elle a effacé des tablettes le temps de Courtney Dauwalter (22 h 30 min 54 s en 2021). Une performance d’autant plus remarquable qu’elle a été réalisée dans une édition où la météo n’a pas épargné les coureurs.
Courtney Dauwalter : trois victoires et le Grand Chelem de l’ultra-trail
Courtney Dauwalter, c’est la reine de l’ultra. Triple vainqueure de l’UTMB (2019, 2021, 2023), elle a aussi réalisé en 2023 le Grand Chelem de l’ultra-trail : victoires la même année sur la Western States 100, la Hardrock 100 et l’UTMB. Un exploit que personne n’avait signé avant elle. En 2021, elle avait déjà marqué les esprits en terminant 7e au scratch, à seulement 7 minutes du podium masculin.
Lizzy Hawker, la reine aux cinq couronnes
Avec cinq succès (2005, 2008, 2010, 2011, 2012), la Britannique Lizzy Hawker reste la femme la plus titrée de l’histoire de l’UTMB. Elle a dominé la course pendant près d’une décennie, à une époque où le niveau féminin était déjà très dense. Son record de victoires tient toujours.
Blandine L’Hirondel et la première performance féminine sous les 22 heures
En 2026, la Française Blandine L’Hirondel est devenue la première femme à passer sous les 22 heures, avec un chrono de 21 h 58. Une performance historique, même si le parcours était allégé des pyramides calcaires (comme pour les hommes). Son temps n’est pas homologué comme record officiel, mais il montre que la barrière des 22 heures est désormais à la portée des meilleures.
Les autres records qui ont marqué l’UTMB
Au-delà des chronos bruts, l’UTMB a vu tomber des records de précocité, de longévité et de régularité.
Le plus jeune vainqueur : Kilian Jornet à 20 ans en 2008
En 2008, Kilian Jornet n’avait que 20 ans quand il a remporté son premier UTMB. Personne n’a fait mieux depuis. C’est le plus jeune vainqueur de l’histoire, et ça en dit long sur son talent précoce.
Le plus vieux vainqueur : Marco Olmo à 58 ans en 2007
L’Italien Marco Olmo a gagné à 58 ans en 2007, après avoir déjà triomphé en 2006. Un record de longévité qui force le respect. Il reste le vainqueur le plus âgé, et sa deuxième victoire à 58 ans est un message pour tous les traileurs masters.
Les multiples victoires chez les hommes et chez les femmes
Chez les hommes, Kilian Jornet et François d’Haene partagent le record de victoires avec 4 succès chacun. Xavier Thévenard en compte 3. Chez les femmes, Lizzy Hawker mène avec 5 titres, devant Courtney Dauwalter (3). Ces athlètes ont bâti leur légende sur la régularité, et pas seulement sur un coup d’éclat.
Pourquoi les chronos de l’UTMB s’améliorent-ils ?
Plusieurs facteurs expliquent que les temps baissent, parfois de façon spectaculaire.
L’allègement du parcours et le poids de la météo
On l’a vu : les modifications de parcours jouent un rôle direct. La suppression des pyramides calcaires a fait gagner environ 25 minutes, sans compter la fatigue évitée. Des conditions météo clémentes (températures modérées, sol sec) peuvent aussi faire gagner plusieurs dizaines de minutes sur une édition. À l’inverse, une année pluvieuse ou enneigée ralentit tout le monde.
Les chaussures en carbone et la modernisation du matériel
Les chaussures de trail ont fait un bond technologique. Les modèles avec plaque carbone, comme la Nike ACG Ultrafly Trail, sont plus légères et restituent mieux l’énergie. Les mousses épaisses absorbent les chocs et limitent la fatigue musculaire. Résultat : les coureurs maintiennent une allure plus élevée plus longtemps. Si tu veux en savoir plus sur l’équipement, jette un œil à notre sélection des meilleures chaussures de trail en 2025.
L’évolution des entraînements et de la récupération des athlètes
Les méthodes d’entraînement ont gagné en précision : volumes mieux dosés, séances de qualité, travail du seuil, nutrition optimisée. La récupération est devenue une science à part entière. Les athlètes professionnels bénéficient d’un encadrement médical et technique qui n’existait pas il y a 15 ans. Pour les amateurs, des ressources comme notre article sur l’entraînement ultra-trail peuvent t’aider à structurer ta préparation.
Combien de temps faut-il pour finir l’UTMB ?
Si tu rêves de poser un dossard, tu te demandes sûrement quel temps viser. La réponse dépend de ton niveau, mais voici des repères.
La barrière horaire de 46 h 30 et la diversité des temps de finishers
L’UTMB impose une barrière horaire de 46 h 30. C’est le temps maximum pour être classé. La grande majorité des finishers boucle la distance en 30 à 40 heures. Les tout derniers franchissent la ligne quelques minutes avant la clôture. Il n’existe pas de « temps moyen » officiel, car les écarts sont énormes entre les élites et le peloton.
L’écart entre les élites et le peloton des amateurs
Pour fixer les idées : le record officiel de Jornet est à 19 h 49. Un très bon amateur peut espérer finir autour de 30 heures. Un coureur qui termine en 40 heures court quasiment deux fois plus longtemps que les leaders. L’UTMB, c’est d’abord une aventure personnelle. Le seul vrai chrono qui compte, c’est celui qui te permet de passer sous l’arche dans les temps.
FAQ
Quel est le temps moyen sur l’UTMB ?
Aucune moyenne officielle n’est publiée par l’organisation. Les temps des finishers s’étalent de 20 heures (pour les meilleurs) à plus de 46 heures. Si on regarde la répartition des arrivées, la plupart des coureurs terminent entre 36 et 40 heures. On peut donc estimer que le temps médian se situe autour de 38 heures. Mais retiens que chaque édition a ses conditions, et que ton objectif doit rester de franchir la ligne, pas de viser une moyenne.
