Vous cherchez une chaussure de trail polyvalente pour vos sorties courtes à moyennes ? La ON Cloudvista 2 mérite votre attention.
Ce que vous découvrirez dans ce test :
- Les caractéristiques techniques et les données mesurées au gramme près
- La conception réelle de la chaussure, ses matériaux et leur comportement sur le terrain
- Le confort au quotidien, la durabilité observée et la ventilation selon les conditions
- Des comparaisons directes avec d’autres modèles phares du marché
La Cloudvista 2 promet une foulée fluide grâce à son rocker marqué et un amorti ferme qui évolue avec l’usage. Mais vaut-elle vraiment ses 160 euros ? Est-elle faite pour votre profil de coureur ?
Fiche technique et données clés
Commençons par les chiffres concrets, ceux qui vous permettront de situer rapidement cette Cloudvista 2 dans votre recherche.
- Poids mesuré : 279-280 grammes pour une taille homme 42. Les femmes profitent d’une version à 252 grammes en taille 40. Ce n’est pas ultraléger pour une chaussure de trail dynamique, mais ce poids traduit une construction robuste. Certaines sources tierces mentionnent 291 grammes, probablement en raison de variations de taille ou de méthode de pesée.
- Drop : 6 millimètres, un millimètre de moins que sur la version 1. Ce drop modéré convient à la plupart des coureurs habitués aux chaussures de trail modernes. Attention, un tableau tiers mentionne 4 millimètres, mais mes tests confirment bien les 6 millimètres annoncés par ON.
- Hauteurs de semelle : Ici, les chiffres divergent selon les méthodes. Les mesures en laboratoire indépendant donnent 31,7 millimètres au talon et 15,7 millimètres à l’avant. La fiche produit officielle annonce 28 millimètres au talon et 22 millimètres à l’avant, ce qui reste cohérent avec le drop de 6 millimètres. Retenez que le stack reste modéré, ni minimaliste ni maximaliste.
- Catégorie : Polyvalente trail, positionnée entre la Cloudultra (orientée ultra et confort) et la Cloudventure Peak (technique et agressive). Elle chevauche aussi la Cloudsurfer Trail, plus dédiée au long et au mix route-sentier.
- Technologie d’amorti : CloudTec avec mousse Helion, complétée par une plaque Speedboard pour la propulsion. La composition exacte de cette plaque varie selon les sources : certaines parlent d’un hybride carbone-TPU, d’autres d’une petite plaque non carbone à deux branches. Dans tous les cas, elle contribue au transfert d’énergie sans chercher l’explosivité.
- Semelle extérieure : MissionGrip en caoutchouc, avec des crampons d’environ 3 millimètres. Les dessins sont multidirectionnels (chevrons et plots) pour gérer freinage, traction et appuis latéraux. Vous remarquerez des bandes sans crampons, ces zones blanches qui servent de zones de flexion pour plus de fluidité sur sols lisses.
- Prix : 160 euros, un positionnement premium moyen pour une chaussure de trail. Plusieurs enseignes comme I-Run, Ekosport ou Decathlon la proposent. Une version imperméable existe en parallèle.
Conception et matériaux
La tige de cette Cloudvista 2 repose sur un mesh technique plus fin et respirant que celui de la version 1. Environ 20 % des matériaux sont recyclés, ce qui témoigne d’un effort environnemental sans que cela ne devienne l’argument principal. Le maintien s’effectue par des bandes reliées au laçage, avec un pare-pierre assez étendu sur l’avant-pied pour vous protéger des petits cailloux.
La languette est fine, rigide et perforée. Si vous avez l’habitude de courir avec des chaussettes basses, préparez-vous à une possible gêne au niveau du cou-de-pied. Avec des chaussettes montantes ou mi-hautes, le problème disparaît. Notez l’absence de collier anti-débris et du système FlipRelease (cette sangle qui élargit l’avant-pied), ce qui confirme que cette chaussure vise avant tout les terrains roulants plutôt que les courses très techniques.
Le chaussant reste proche du pied, précis, adapté aux pieds standards ou plutôt étroits. La version 2 offre un peu plus de volume que la première, mais gardez cette précision à l’esprit si vous avez un pied large. L’avant-pied dispose de plus de liberté qu’auparavant, même si la protection reste moins marquée que sur des modèles dédiés aux terrains très caillouteux. La semelle intérieure est amovible, pratique si vous utilisez des orthèses.
La construction générale privilégie la durabilité. Le mesh et la tige résistent bien aux sorties humides et boueuses que j’ai enchaînées. Un point de vigilance : le col (cette mousse haute autour de la cheville) peut montrer des signes d’usure légère autour des 100 kilomètres, des deux côtés. Rien d’alarmant, mais c’est une zone à surveiller sur le long terme.
Sur le terrain : test et sensations
J’ai accumulé environ 100 kilomètres avec cette Cloudvista 2, dans des contextes variés : footings longs au rythme tranquille, séances de côtes en PMA, une course de 23 kilomètres avec 1 300 mètres de dénivelé positif, et un semi-long de 32 kilomètres avec 2 000 mètres de dénivelé. La météo était majoritairement sèche, avec une grande sortie sous la pluie suivie d’un retour au sec, ce qui m’a permis de tester la chaussure en conditions grasses.
Dès les premiers kilomètres, vous sentez cette bascule marquée à l’avant et à l’arrière qui fluidifie la foulée. Les relances sont faciles, naturelles, sans avoir besoin d’y penser. Sur les rythmes actifs, notamment en tempo ou en côtes courtes, la chaussure donne l’impression de courir plus léger que ses 280 grammes. La plaque Speedboard contribue à ce transfert d’énergie, même si la sensation reste vive plutôt qu’explosive.
L’amorti demande un temps d’adaptation. Dès la première sortie, vous percevez un toucher ferme, loin du moelleux “hamac” de certaines concurrentes. Ce n’est pas désagréable, c’est différent. Après une trentaine de kilomètres, la mousse s’assouplit légèrement sans devenir molle pour autant. Vous gardez un bon soutien sous le pied, un rebond mesuré qui rassure. Par contre, sur les très longues sorties (au-delà de trois heures), cet amorti ferme peut commencer à fatiguer, surtout si vous avez l’habitude de chaussures plus douces.
La stabilité au talon est remarquable. Le contrefort rigide et la coque qui avance sous les malléoles offrent un maintien rassurant, même en fin de sortie quand la fatigue s’installe. Sur les dévers et les terrains irréguliers, vous gardez confiance dans vos appuis. La résistance à la torsion est élevée à l’arrière, tandis que l’avant reste plus souple pour faciliter le déroulé.
L’accroche répond présent sur le sec. Les crampons de 3 millimètres avec leurs dessins multidirectionnels fonctionnent très bien sur les pistes compactes, le gravel, les sentiers forestiers secs et les monotraces moyennement techniques. Les transitions entre bitume et sentier se font sans gêne. J’ai apprécié les zones de flexion sans crampons qui permettent à la semelle de rester fluide sur les sols lisses. En revanche, sur la grande sortie pluvieuse, l’adhérence a montré ses limites en boue profonde et sur les rochers humides. Ce n’est pas catastrophique, mais il faut adapter sa foulée et rester vigilant.
Les terrains mixtes, son terrain de jeu idéal. Que ce soit sur des parcours alternant route et sentier, sur des chemins forestiers bien entretenus ou des trails roulants avec quelques passages techniques, la Cloudvista 2 se sent à l’aise. Elle devient moins pertinente sur des ultras très longs, sur des terrains extrêmes avec roches et racines très humides, ou si vous cherchez une chaussure pour des footings très lents sur plusieurs heures.
Confort, durabilité et ventilation
Le confort se construit sur plusieurs dimensions. Le fit proche du pied apporte cette précision recherchée sur trail, mais peut ne pas convenir aux pieds larges. Si vous avez l’habitude de porter des chaussettes épaisses, si votre pied a tendance à gonfler en course, ou si vous enchaînez de longues descentes, envisagez une demi-pointure au-dessus de votre taille habituelle. La tige peu extensible demande de garder un peu d’aisance à l’avant-pied pour éviter les ongles noirs.
La languette rigide reste mon principal point de friction, littéralement. Avec des chaussettes hautes, aucun problème. Avec des chaussettes basses, j’ai ressenti une pression désagréable sur le cou-de-pied lors de sorties longues. C’est un détail qui peut faire la différence selon vos habitudes.
La ventilation fait son travail dans des conditions tempérées. Le mesh technique laisse passer l’air correctement, vos pieds ne baignent pas dans la transpiration lors d’un footing matinal frais. Par contre, lors de séances sous forte chaleur ou en pleine journée estivale, la ventilation montre ses limites. Les pieds chauffent plus que dans des modèles ultra-respirants. Si vous courez principalement en été dans le sud, ce point mérite réflexion.
Côté durabilité, les premiers retours sont encourageants. Le mesh et la tige ont résisté sans broncher aux sorties boueuses, aux frottements contre les rochers, aux passages dans la végétation dense. La semelle extérieure MissionGrip ne montre pas d’usure prématurée après ces 100 kilomètres, même avec les passages sur bitume. Le choix de matériaux plus denses traduit une volonté de privilégier la longévité plutôt que l’ultra-légèreté.
Comparaisons avec d’autres modèles
Pour vous aider à positionner la Cloudvista 2, voici comment elle se situe face à d’autres références du marché.
- ON Cloudventure Peak 3 : Plus technique et agressive, avec une accroche supérieure en montagne et sur terrains difficiles. Par contre, elle perd en confort sur les parcours roulants et sur route. Si vos sorties sont principalement montagnardes et techniques, la Peak 3 sera plus adaptée. Si vous cherchez la polyvalence route-sentier, restez sur la Cloudvista 2.
- ON Cloudultra 3 : La référence pour les distances au-delà de 40 kilomètres, avec plus d’amorti et de protection. Elle est moins vive et moins dynamique sur les sorties courtes. Réservez-la pour vos ultras et vos très longues sorties, gardez la Cloudvista 2 pour l’entraînement régulier.
- ON Cloudsurfer Trail 2 : Plus moelleuse avec un confort immédiat, idéale pour les longues distances sur terrains peu techniques. Elle perd en stabilité sur les terrains irréguliers. Si vous privilégiez le confort douillet, orientez-vous vers la Cloudsurfer Trail. Si vous voulez de la précision et du maintien, la Cloudvista 2 l’emporte.
- Salomon Sense Ride 5 : Une autre polyvalente très appréciée, plus moelleuse, avec une meilleure accroche en conditions grasses. Sa durabilité sur route est légèrement inférieure. Les deux chaussures se valent sur terrains variés, le choix dépendra de votre préférence pour un amorti ferme (Cloudvista 2) ou plus doux (Sense Ride 5).
- Hoka Speedgoat 6 : L’amorti massif et la semelle Vibram Megagrip en font une référence sur les trails techniques et longs. Elle est moins dynamique sur les sorties courtes et plus lourde. Si vous courez principalement sur terrains très techniques avec beaucoup de dénivelé, la Speedgoat 6 sera plus pertinente. Pour un usage mixte et actif, la Cloudvista 2 sera plus agréable.
- Nike Juniper Trail 3 : Une option polyvalente à prix accessible, confortable sur terrains mixtes et adaptée aux débutants en trail. Elle offre moins de stabilité et de précision que la Cloudvista 2 sur terrains techniques. Si vous débutez en trail et cherchez une chaussure d’entrée de gamme polyvalente, la Juniper Trail 3 sera suffisante.
Points forts et points faibles
| Points forts | Points faibles |
| Vraie polyvalence route et sentier sur terrains roulants | Poids de 280 g un peu élevé pour courir très rapidement |
| Stabilité au talon et maintien rassurants même en fatigue | Amorti ferme qui peut fatiguer sur très longues sorties |
| Rocker efficace pour une foulée fluide et des relances faciles | Adhérence moyenne en boue profonde et sur roches humides |
| Accroche bien pensée sur sec et compact avec zones de flexion | Languette rigide qui peut gêner avec des chaussettes basses |
| Amorti qui s’assouplit progressivement après 30 km | Ventilation limitée lors de fortes chaleurs |
| Look soigné utilisable au quotidien en ville | Usure possible du col autour de 100 km |
| Construction robuste privilégiant la durabilité | Chaussant précis moins adapté aux pieds larges |
| Transitions bitume-sentier sans gêne | Non recommandée pour les ultras très longs |
